2011-03-11 - 11 mars 2011 - Romain - L'amour

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2011-03-11 - 11 mars 2011 - Romain - L'amour

Message  Admin le Jeu 24 Fév 2011 - 20:28

L'atelier sera animé par Romain.


Dernière édition par Admin le Sam 16 Avr 2011 - 17:11, édité 2 fois
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L'Amour

Message  wol le Ven 18 Mar 2011 - 10:32

Le thème proposé par Romain était l'amour. Vaste programme.


AVERTISSEMENT AU LECTEUR:

Toute ressemblance avec etc... est volontaire et autobiographique. Cela peut même relever de la vengeance mesquine.

Comme chacun sait, lorsque de l'air chaud rencontre de l'air froid, çà ne donne pas de l'air tiède, mais un orage.
Ainsi, l'Amour est-il un long fleuve tranquille? Long, oui. Tranquille, çà dépend. Le fleuve Amour sert de frontière à la Chine et à la Russie. Mais on a appris hier que les deux pays envisageaient de ne plus rendre obligatoires les visas pour se rendre dans le pays voisin. L'Amour libre, en somme.

Mais souvent, l'amour est une guerre de tranchées: chacun reste de son côté de la ligne de front. On coupe les oignons chacun à sa manière: longitudinalement ou transversalement. Et chacun a absolument raison. C'est donc une question d'amour propre. Car l'amour doit rester propre. Extrêmement propre. Voire même propre à rien. Ce rien qui justifie tout. Qui transporte des montagnes, lesquelles accouchent d'une souris. Les souris qui se multiplient à toute allure. Alors on a recours aux tapettes?

On raconte que pour le premier homme et la première femme, l'amour fut un verger. On y cueillait des pommes d'amour, ou plutôt de discorde.

Dialogue:
Il: -"Moi, pour faire la compote, j'épluche les pommes. C'est encore une question d'amour propre, car il y a plein de saloperies sur la peau."
Elle: -"Mais justement, c'est la peau qui donne du goût. La compote, c'est bien meilleur quand on laisse la peau des pommes. Sans doute à cause des saloperies."
Alors, Il, répond: -"Pauvre pomme, je t'ai dans la peau."



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Lettre d'amour

Message  wol le Ven 18 Mar 2011 - 13:13

Besançon, le 11 mars 2011

Mon trésor public,

Je viens de recevoir ta dernière lettre. Elle m'a été apportée par ton grand ami, le très zélé (croa, croa...) Maître Jean Porte-Tout-Sauf-Un-Lit-Une-Chaise-Une-Table. Ce grand nigaud a tenu à me la lire lui-même. Ce n'était pas la peine. Certes, les difficultés pécuniaires que je traverse en ce moment ne m'ont pas permis de renouveler mes lunettes, mais j'y vois encore suffisamment pour lire tes relances.

Car vraiment, grand fou! tu me harcèles. Cette fois, tu pousses un peu. Je t'ai déjà offert de quoi t'acheter un porte-avions, des chiottes auto-nettoyants, un sous-marin et plein de ronds points. Que veux-tu encore? Un débat sur la laïcité? Tu veux tout me prendre. Mais comme l'usine de mines a fermé, délocalisée, je suis sans un rond. Alors tu devras encore attendre un petit peu.

Car vraiment, tu y vas fort! Mais quand tu me menaces de m'emprisonner, de m'enchainer, pour que je m'acquitte de ce que tu appelles ton dû, là (tondu), je fonds à fond. Personne ne m'avait réclamé autant. Tu m'aimes vraiment. Je le sens. La contrainte par corps. Mmmh! Grand voyou.

Comme je ne peux rien te donner en ce moment, je vais aller peut-être faire un petit stage d'estime de soi en Afghanistan. Et peut-être que de là-bas, on t'expédiera une partie de moi-même. Une jambe? Un bras?

Ma Gabelle, je t'embrasse
tant que j'ai des bras. Je t'enjambe tant que j'ai des jambes. Je t'en... Non, ce sera tout.

Toi, de ton côté, reste en bon État.




Cosette Tapacenbal

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Frankenstein nomade

Message  Paul Emploi le Ven 18 Mar 2011 - 15:30

Tu m'aimes, me demanda-t-elle, en appuyant sur chaque syllabe. Est-ce qu'on demande aux bateaux s'ils aiment la mer ? Je la connaissais depuis quelques mois. Elle était parfaite. Entendez bien-sûr, elle était parfaite pour moi. Est-ce que je suis romantique ? Pas moins que les autres. Disons que j'aime les fleurs quand elles sont suffisamment rouges pour évoquer des lèvres végétales. Justement, c'est de cela qu'il est question. De lèvres. J'ai toujours aimé la monstruosité (enfant déjà j'aimais les filles louches). Son corps m'en donne une espèce remarquable en tout point. Je déteste les corps orthonormés, les chaussures orthopédiques et l'orthographe. Les textes qui excorcisent le mal me comblent tout comme les corps qui subliment la monstruosité.
La première fois qu'elle a quitté ses vêtements, mon étonnement fut à son comble. Une lèvre marquait sa cuisse, mince cicatrice rectiligne libre de mouvements. A mesure que ses vêtements s'amoncelaient sur le sol, je scrutais la forêt de lèvres sauvages qui tapissait son corps. Des bourrelets de chair comme des barques de peau frémissante. Elles émettaient des sons, des mots, un discours à l'unisson de la lèvre-reine cousue à son visage. Imaginez une phrase, une seule, psalmodiée de concert pas cet orchestre lèvresque. Songez aux échos, aux dissonances, aux bégaiements, aux coupures. Je l'aimais à ma façon et la maquillais avec méthode. Les croissants de lune qui palpitaient sur ses cuisses n'étaient pas moins laqués de rouge que celui qui haletait sur le drapeau de son visage. On peut dire que je l'aimais. A ma façon. Ainsi que le texte chancelant qu'elle éructait en mode stéréo. On pourrait dire bien d'autres choses encore. Mais je laisse à ses bouches le soin de vomir les excréments d'une langue écartelée. Brûlants sur son épiderme nu, ses évents laissent jaillir toute la violence, toute la douleur.
Parler de ses évents semble peu élégant.
Car mon amour n'est pas une baleine.
Juste une Frankenstein nomade
Fabriquée avec un cimetière de lèvres.
Juste un monstre de foire
juste un sujet pas ordinaire
Juste une peau trouée
pour mieux respirer/expirer
juste.
car la justice en poésie n'est pas la justice dans un tribunal.
car la justice en poésie ressemble assez à son corps
ruisselant de lèvres et de fureur.
Parler de ses évents semble peu élégant.
Car mon amour n'est pas une baleine.
Juste une Frankenstein nomade
Juste le prisme de mon amour détraqué aussi détraqué que les cicatrices ouvertes sur sa peau nue
Juste le prisme de mon amour...
juste.

Paul Emploi



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Lettre d'amour

Message  Paul Emploi le Lun 28 Mar 2011 - 18:26

Très chère chair de ma chair,
Chère Odile,


Je t'écris depuis la résidence d'écrivain de TOMBOUCTOU (très peu connue en France, mais pourtant indispensable pour ma formation d'écrivain). Nous nous sommes quittés depuis cinq jours, cinq longs jours égrenés comme un chapelet. Depuis mon départ, je n'ai regardé aucune autre femme que toi. Il faut dire qu'à mon stage d'écriture vaudou, il n'y a que des hommes (un français alcoolique, et une vieille connaissance de Bukowski qui écrit des poèmes sur les éjaculations). Pas de quoi te tromper mon amour. J'ai bien jeté un oeil à l'hôtesse dans l'avion, mais il y avait des trous d'air et il fallait bien que je trouve un moyen pour calmer mon angoisse. Rien de bien répréhensible.
Ce matin, j'ai chassé les gazelles (classique en Afrique). J'écris de longues heures dans une case au coeur d'une tribu très accueillante. Il y a quelques gros lézards aux abords du village (on m'a dit que ça s'appelle des crocodiles). Je suis donc bien soulagé que tu n'aies pas pu venir.
Il me faut maintenant en venir à la partie la plus concave de ma lettre. Cet aveu me trouble, chère Odile, Odile de ma chair. Je dois te confesser que bien malgré moi, j'ai eu un rapport humain avec une autre humaine que toi. C'était bien malgré moi. Tu comprendras que pendant le stage d'écriture sexuelle à la maison d'écrivain de TOMBOUCTOU, j'ai dû payer de ma personne pour accoucher d'un poème érotique que je te restitue dans son intégralité :


Les moustiques sucent ma peau, toi aussi
Les moustiques te pénètrent, moi aussi
Les crocodiles me font peur, ils ont la peau dure, toi aussi
Je suis à TOMBOUCTOU, Odile de mes crocs, mon absente
Et toi non.



Tu vois, je travaille dur ici. Mon style s'améliore. Je préférerais être à tes côtés pour te mordre les lèvres, cacher ta lingerie ou pisser dans tes plantes. Mais je suis à TOMBOUCTOU, dans une résidence d'écrivain. Tu me manques Odile, tu me manques cruellement.




Ton crocodile de TOMBOUCTOU

Paul Emploi



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Hjdzub

Message  Adrien' le Lun 28 Mar 2011 - 23:15

Hjdzub m'aime-t-iel ?
Cette question a-t-elle un sens pour un être originaire de Vénus ?
Ces interrogations me hantent. Chaque jour, en me réveillant, j'essaie d'imaginer ce qu'iel pourrait répondre à cette question.
Sous la douche, je réfléchis à l'opportunité de me déclarer à ellui.
Depuis que je lea connais, je n'allume plus la radio pour écouter les nouvelles du monde en buvant mon café : j'écoute les nouvelles de mon coeur, et à part battre, cet idiot ne m'apprend pas grand'chose.
Durant le trajet jusqu'au Centre d'Etude sur les Intelligences Extra-terrestres -c'est ainsi qu'on a pompeusement rebaptisé le centre spatial depuis l'arrivée de Hjdzub- au beau milieu des embouteillages matinaux, je cherche à comprendre ce qui, dans l'amour, pourrait être spécifiquement terrien. Et qui n'existerait donc pas, dans l'esprit de quelqu'un comme Hjdzub. C'est difficile.
Je suis même allé' trouver un ami de ma soeur qui est philosophe, pour lui poser la question. Eh bien, je n'en savais pas plus en repartant. Oh, ce n'est pas de sa faute : il ne connaît pas Hjdzub, alors évidemment...
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Une lettre d'amour

Message  Adrien' le Lun 28 Mar 2011 - 23:34

Assise sous un saule au bord de l'eau, suivant d'un regard distrait la course des nuages, elle songeait ; un étrange sourire flottait sur ses lèvres pâles.
Elle relut la lettre.
Ô chère et merveilleuse créature,
depuis la nuit où je vous aperçus dans la montagne, promenant sous la lune votre taille fière,
vos beaux bras blancs et votre envoûtante chevelure, je n'ai cessé de penser à vous.
Mon amour, je le sais, est sans espoir : comment pourrais-je vous demander de vous soucier de moi,

alors que vous ne m'avez jamais vu ? Comment pourrais-je espérer que vous partagiez mes sentiments ?
Je sais ce qui m'attend, et pourtant je viendrai à votre rencontre demain, au bord de la rivière.
Pour cet unique instant où nos regards se croiseront, je suis prêt à tout.
A demain, belle Méduse.
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Re: 2011-03-11 - 11 mars 2011 - Romain - L'amour

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