Beaucoup - Adrien'

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Message  Adrien' le Ven 9 Jan 2009 - 1:11

Sylvie dans un champ cherchait une réponse, trouva une marguerite, l'effeuilla. Je l'aime, un peu, beaucoup, énormément, à la folie, pas du tout. Je l'aime, un peu, beaucoup, énormément, à la folie, pas du tout. Je l'aime, un peu, beaucoup, énormément, à la folie, pas du tout, je l'aime, un peu,... beaucoup ! Je l'aime beaucoup ? Beaucoup c'est pas beaucoup. Elle haussa les épaules. C'est vrai qu'il n'est pas très beau Anatole, avec sa peau granuleuse. Et sa voix ridicule... Elle pouffa, dévalant le pré jusqu'au ruisseau, où elle jeta un coup d'œil à sa propre image, si belle. Elle agita la surface pour l'en chasser. Que lui servait d'être une princesse ? Son prince, elle le connaissait depuis l'enfance. Ce nigaud d'Anatole. Décidément, elle ne l'aimait pas beaucoup.

Elle eut soudain l'impression d'être observée. Sortant d'un bosquet, un inconnu s'approcha, la saluant d'un grand geste maladroit du bras. Son chapeau à la main, en chemise, il semblait en nage. Un monsieur de la ville, égaré ici ? Voilà qui était étonnant. Après un échange de bonjours embarrassé, Sylvie récita tout à trac : « Vous êtes au pré du crêt, ici. Les Essarts-Saint-Jean est juste derrière vous, à huit cents mètres ; là-bas, vous retrouverez la route pour aller à Bernières. » Surpris, l'homme la laissa donner ces explications avant de protester « Mais je ne vais pas à Bernières, Mademoiselle. D'ailleurs je ne suis pas perdu. » Le sourire qui accompagnait son « Mademoiselle » poussa Sylvie à se tenir plus droite et à remettre de l'ordre dans ses cheveux. « Qu'est-ce qui peut bien vous amener ici, alors ? » questionna-t-elle, corrigeant juste à temps son accent traînant de campagnarde. Elle ajouta bien vite en rougissant « Ce sont peut-être pas mes affaires, escusez-moi d'être aussi curieuse. » Elle aurait voulu tourner de plus belles phrases, mais avait déjà fort à faire pour parler un français sans patois. [...]
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Message  Adrien' le Jeu 24 Fév 2011 - 20:19

Sylvie dans un champ cherchait une réponse, trouva une marguerite, l'effeuilla. Je l'aime, un peu, beaucoup, énormément, à la folie, pas du tout. Je l'aime, un peu, beaucoup, énormément, à la folie, pas du tout. Je l'aime, un peu, beaucoup, énormément, à la folie, pas du tout, je l'aime, un peu,... beaucoup ! Je l'aime beaucoup ? Beaucoup, ce n'est pas beaucoup. Elle haussa les épaules. C'était vrai qu'il n'était pas très beau Anatole, avec sa peau granuleuse. Et sa voix ridicule...
Pouffant à demi, elle dévala le pré jusqu'au ruisseau, où elle jeta un coup d'œil à sa propre image, si belle. Elle agita la surface pour l'en chasser. Que lui servait d'être une princesse ? Son prince, elle le connaissait depuis l'enfance. Ce nigaud d'Anatole. Décidément, elle ne l'aimait pas beaucoup.

Elle eut soudain l'impression d'être observée. Sortant d'un bosquet, un inconnu s'approcha, la saluant d'un grand geste maladroit du bras. Son chapeau à la main, en chemise, il semblait en nage. Un monsieur de la ville, égaré aussi loin ? Après un échange de bonjours embarrassé, Sylvie récita tout à trac : « Vous êtes au Pré du crêt, ici. Les Essarts-Saint-Jean sont juste derrière vous, à huit cents mètres ; là-bas, vous retrouverez la route pour aller à Bernières. » Surpris, l'homme la laissa donner ces explications avant de protester « Mais je ne vais pas à Bernières, Mademoiselle. » Le sourire qui accompagnait son « Mademoiselle » poussa Sylvie à se tenir plus droite et à remettre de l'ordre dans ses cheveux. « Qu'est-ce qui peut bien vous amener ici, alors ? » questionna-t-elle, corrigeant juste à temps son accent traînant de campagnarde. Elle ajouta bien vite en rougissant « Ce sont peut-être pas mes affaires, escusez-moi d'être aussi curieuse. » Elle aurait voulu tourner de plus belles phrases, mais avait déjà fort à faire pour parler un français sans patois.

L'inconnu semblait en veine de bavardage, car sans relever la dernière remarque de Sylvie, il répondit (et à son tour, on eût dit qu'il récitait) « Eh bien, je suis l'hôte du Comte de S., qui a été inopportunément sollicité par ses affaires. Il n'aura pas une seconde à me consacrer dans les prochains jours ! En attendant qu'il puisse se libérer, faisant contre mauvaise fortune bon cœur, je me promène, tout simplement. Ou plutôt devrais-je dire que je me promenais et que je me suis égaré ; mais puisque ce fut pour vous rencontrer, je ne puis que m'en réjouir. »

Sylvie l'avait écouté sans l'interrompre, mais avec une impatience grandissante. Tapant du pied, elle explosa enfin « Et vous débarquez comme ça, dans mon histoire ! Non mais quel sans-gêne. Quel culot ! Alors dès que ça parle de prince charmant, de jeune fille esseulée, voilà le cavalier blanc qui rapplique ! » son accent paysan avait totalement disparu, au grand étonnement d'Émilio (il s'appelait Émilio). « Et maintenant il faudrait que je me laisse séduire, je parie. Et tant qu'on y est, vous m'abandonneriez ensuite pour rentrer à Paris, et sur deux cents pages je me languirais de vous ! Ah ! Mais non ! Qu'est-ce que vous croyez ? »
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