2011-06-10 - 10 juin 2011 - Laure - Gonzo journalisme

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

2011-06-10 - 10 juin 2011 - Laure - Gonzo journalisme

Message  Admin le Ven 10 Juin 2011 - 16:13

L'atelier aura bien lieu cette semaine et par la suite.
avatar
Admin
Admin
Admin

Nombre de messages : 34

http://plumes.forumactif.org

Revenir en haut Aller en bas

Re: 2011-06-10 - 10 juin 2011 - Laure - Gonzo journalisme

Message  Adrien' le Dim 12 Juin 2011 - 16:40

Laure nous a expliqué que dans le gonzo journalisme, "seul le détail compte" et que le comble du snobisme consistait à ne pas s'intéresser à l'événement dont on est censé parler, mais seulement au reste : le buffet VIP au lieu du concert, qu'on racontera par ouï-dire. Elle nous a lu un article de Hunter S. Thompson et donné quelques brèves comme pistes de départ possibles. J'ai choisi un autre sujet, une sortie au restaurant que j'ai faite voici quelques mois.

- Si tu le prends comme ça, je m'en vais tout de suite !
lâche la bonne femme avec une agressivité contenue.
Les gamins et moi, nous venons d'entrer dans la petite salle voûtée, la plus intime, et cette phrase détonne au milieu de l'ambiance feutrée de l'Osteria Enoteca, le restaurant italien le plus chicos de la ville, du moins parmi ceux qui sont dans mes moyens. Bougies, immenses serviettes de table en tissu rose pâle, serveurs manifestement italiens portant tablier blanc et torchon immaculé sur l'avant-bras, qui vous accueillent comme si vous étiez le prince de Galles et rattrapent avec un tact infaillible vos tentatives pour prononcer le nom italien des plats.

Le mec réplique avec une goguenardise affectée "Tu n'irais pas loin..." Comprendre : c'est moi qui ai les clefs de voiture. Au lieu de mettre sa menace à exécution, quitte à prendre le bus, la bonne femme se rasseoit et reprend la conversation. Lamentable.

De notre côté, nous nous penchons sur la carte ; les deux loustics apprennent leurs premiers rudiments d'ésotérisme gastronomique. Non, Basile, ce truc-là c'est déjà des pâtes alors il faut prendre autre chose que des pâtes pour aller avec. On dit des canelloni, Gabriel, pas des calenoni. Tandis que le loufiat aide les enfants à se déterminer, je saisis des bribes de la conversation qui semble avoir repris un tour aimable à la table voisine. Ce qui ressemblait de prime abord à un couple marié de longue date, se révèle à mes oreilles zébahies être plutôt un genre de speed date.

Le type explique ce que font dans la vie les enfants qu'il a eu d'un premier mariage. La nana commente en comparant avec les siens, qui sont eux aussi passés par de grandes écoles et entament des carrières de capitalistes, version bon côté du manche. Basile, qui est le mieux placé pour entendre mais leur tourne le dos, se penche vers moi pour me questionner. En comprenant de quoi il retourne, les gamins s'esclaffent discrètement et dressent l'oreille pour saisir leur baratin. Nous échangeons des oeillades amusées en les entendant vanter chacun à son tour leurs mérites, comme ils le feraient de leur voiture au moment de la revendre. Et chacun, tout en affectant un intérêt sincère pour la personne de l'autre, évalue, soupèse, estime la marchandise afin de faire le meilleur choix sur le marché matrimonial des cadres sup de seconde main.

Au moment où nous partons, ils sont toujours en train d'étudier leur valeur respective et leur compatibilité quand Gabriel surgit auprès d'eux et leur présente, hilare, ses remerciements pour le spectacle.
avatar
Adrien'



Nombre de messages : 181
Commentaires : toujours bienvenus

http://lenrage.blog.free.fr/

Revenir en haut Aller en bas

Scandale au Palais (Lizzz)

Message  Lizzz le Mar 14 Juin 2011 - 20:08

Scandale au Palais




Helena III, reine d’Angleterre, s’est cassé un ongle ce matin à 8h37, pendant le breakfast familial. L’ongle est tombé dans son bol de corn flakes. Quel gâchis, une reine sans ongle ! La dynastie des Ongulés -endeuillée- se prépare à manifester. J’ai bien l’intention de me joindre à ce mouvement social.

La reine a avalé sa cuillerée de lait qui contenait, sous l’apparence d’un cornflake, son ongle cassé. Sa Majesté a toussé puis crachoté. De la salive puis du sang. J’aime bien regarder couler le sang. A mon avis, ce n’est pas d’eau que la Tamise devrait être formée.

Appelé d’urgence, le docteur Gondliroy, médecin privé de la famille royale, s’est hâté jusqu’au palais. Il y est entré si précipitamment qu’il a renversé des gardes sur son passage. Ceux-ci se sont trouvés tellement surpris qu’ils en ont avalé leur chewing-gum. Ce qui les a placés dans une situation comparable à celle de la reine –en plus molle.

Les corps, bien vivants, des gardes de la reine, offraient le spectacle jouissif de leurs convulsions. Je riais à m’en tenir les côtes. Un garde, qui avait été épargné, vint m’y aider. Il ne me les tint pas suffisamment fort cependant car elles sortirent de ma carcasse et crevèrent la sienne. Nouveau spectacle jouissif : regarder mes côtes lui lacérer la poitrine comme des cutters.

C’était merveilleusement drôle. Le problème, c’est que je ne pouvais plus me tenir les côtes, vu que je ne les avais plus. J’ai décidé alors de me gondoler. J’ai emprunté la gondole du docteur Gondleroy, qu’il avait laissée dans le parking du Palais et me suis dépêché de rejoindre, sur les flots de la Tamise, la station de métro Kinglington.

Pendant ce temps, le médecin, sans se faire de souci pour sa gondole qu’il croyait en lieu sûr, procédait à l’analyse de sang de la reine Helena. Il s’avéra qu’il n’était pas royal. Je suis atrocement choquée à l’idée que la personne la mieux désignée pour représenter la moralité de l’Eglise anglicane et celle de l’Europe toute entière, reflète dans son sang un acte sexuel aussi souillateur, que dis-je, prédateur.

J’aurais beaucoup à dire sur ce regrettable événement et surtout sur ses conséquences qui se révélèrent tragiques. Mais je dois mettre dès maintenant un point final à mon article si je veux avoir le temps de récupérer la gondole à Kinglington, pour me rendre au bureau du journal, qui m’attend sur pilotis à un angle de la Tamise. J’accélère mes coups de rame en espérant pouvoir relater bientôt l’histoire de ce fleuve londonien tout gris devenu aussi rouge que les mains de Lady Macbeth.

Trois-quarts d’heures plus tard : je profite d’une pause du métro, provoquée par l’erreur de parcours d’un char d’assaut libanais, qui s’est placé soudain en travers de la voie, pour ajouter quelques mots à mon article. Je révèlerai ici que je suis en fait le prince Tony, fils de la reine Helena. Je me suis revêtu de l’habillement d’un journaliste, après avoir noyé ce dernier dans la Tamise encore grise.

Je m’aperçois que mon voisin, sur le siège d’en face, n’est autre que le docteur Gondleroy, médecin privé de la famille royale. Je file vite. Je ne sais si je crains plus qu’il ne me fasse une analyse de sang à scandale ou qu’il ne porte plainte pour le vol de sa gondole.

Lizzz



Nombre de messages : 10

Revenir en haut Aller en bas

Re: 2011-06-10 - 10 juin 2011 - Laure - Gonzo journalisme

Message  Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum