Adieu

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Adieu

Message  denree le Sam 18 Fév 2012 - 15:58

Adieu


Assise à même le sol, je me perds dans l’observation des montagnes ce dressant fièrement devant moi. Lentement la réalité ce brouille, et alors ton image ce dessine devant moi. Dieu que cette illusion semble réel, hypnotisée, je tends le bras vers ton visage dans l’espoir de pouvoir le toucher. Mais alors que mes doigts effleure ta peau, ton reflet ce trouble. Ma vue s’embrume, et je sens une goutte perler le long de ma joue. Est-ce moi qui pleure ou bien un nuage qui vient de se percer ? Je n’en sais rien, et suis bien trop préoccupée par la folie qui lentement commence à m’envahir.
Pour la première fois de ma vie, je peux dire aimer une personne, bien que ce sentiment ne soit pas partagé. Souvent, je m’imagine dans ses bras, j’imagine le bonheur que cela doit être, après tout, si ça seul présence m’apaise, sentir sa chaleur m’envelopper pourrait me donner l’impression d’être au paradis. Cependant voilà, ce que j’attends d’elle, jamais elle ne me l’offrira, et c’est le cœur en sang que j’essaie d’accepter cette réalité.

Un éclaire déchira le ciel, et une pluie diluvienne s’abattue sur la vallée. Et malgré tous, je rester là assise sur le sol laissant les gouttes d’eau fouetter mon visage. Y avait-il encore quelque chose à faire ? Non, et puis quand bien même, je n’avais plus la force de me battre. Lutter ne me servirais a plus rien… Ce fut à ce moment précis que je me sentis envahir par un étrange sentiment, un peu comme si je venais de quitter mon enveloppe terrestre, je ne ressentais plus la douleur. La pluie qui quelques minutes plus tôt me flagellait mon visage devint une simple caresse. L’air froid de l’automne ne me paralysait plus. A la fois consciente et inconsciente, je me levai pour rentrer chez moi. Ruisselante, je ne pris pas le temps de me sécher ou d’enlever mes vêtements tremper. En fait, tel un esprit errant je me rendis dans le salon, glissa des clefs de voiture dans la poche de mon jean et observa en silence un sabre déposa sur l’étagère. Après de longue seconde, je l’empoignai, le rangea soigneusement dans son étui et parti avec.
A ce moment précis, je n’étais plus vraiment maitre de moi-même, une force étrange me poussait à agir de la sorte et je ne parvenais pas à désobéir. La sang qui coulait dans mes veines semblait avoir pourris et n’était devenue que mort. D’ailleurs en y réfléchissant bien, je n’étais plus vraiment sur d’être en vie… Je déposai l’arme sur la banquette arrière de ma voiture, m’assit face au volant et pris une profonde inspiration avant de démarrer le moteur. Immédiatement la musique raisonna dans l’habitacle, mais aussitôt j’éteignis le poste car à ce moment précis je ne souhaitais qu’entendre le ronronnement du moteur ce mêlant au tumulte de l’orage. Puis j’alluma les phares, enclencha la marche arrière et partie rejoindre ma destinée.

Seconde après seconde l’orage se renforçait et distinguer la route du bas-côté devenait un véritable défi. A chaque virage la voiture faisait une embardé, mais à aucun moment je fus consciente que ma vie pourrait bien s’arrêter avant même que je n’arrive chez la geôlière de mon âme. Toujours habitais par cette force meurtrière, j’immobilisai le véhicule dans sa rue mais n’en sortie pas immédiatement. Dans ma tête, une voix résonna me disant qu’il était encore temps de faire demi-tour, et de ne pas me salir les mains. Complètement perdu dans mes pensées, je vis à peine son véhicule passer devant le mien et se garer quelques mètres plus loin. Lorsque j’aperçus sa silhouette, je me sentis plus déterminé que jamais, mes doutes disparurent, et je restais persuadée qu’il n’y avait pas d’autre solution. Si je ne pouvais l’avoir, personne ne l’aurait…
La folie avait définitivement gagnée la partie, je sortie de la voiture sous la pluie battante, récupéra mon sabre posé sur le siège arrière, traversa la rue, et toqua contre sa porte. Tu m’ouvris de manière quasi immédiate. Quand elle croisa mon regard, le jolie sourire qui la caractérisait disparut laissant place à de la crainte. Avait-elle devinait mes intentions ? Oui, elle venait de comprendre, ses yeux laissèrent transparaitre la peur qui l’animait, son visage se crispât et elle recula en tentant de fermer la porte sur moi. Seulement, arme au poing je me trouvais déjà dans son monde, une chaleur m’envahit, mon sang semblait de nouveau circuler dans mes veines et ma souffrance s’apaisa. Comme elle continuait de reculer, moi je continuais d’avancer, et ceci jusqu’à parvenir dans son salon. Là n’ayant plus aucun moyen de fuite elle se figea sans pour autant lâcher mon regard. Nous étions seules, le temps lui-même cessa de s’écouler. Du pouce, je dégaina légèrement mon sabre puis le passa dans la main gauche.
Mon corps s’arrêta à quelque centimètre du sien, ma main libre alors alla lentement se poser sur sa joue. Du pouce je caressa ses lèvres, puis laissa ma main glisser sous son menton. Avec lenteur, comme pour que le moment, mon visage s’approcha du sien jusqu’à ce qu’enfin je puisse l’embrasser. Pourquoi ne cherchait-elle pas à fuir ? Avait-elle compris qu’il s’agissait là de son destin, avait-elle accepté que l’inévitable ce produise ?
Alors que mes lèvres se retirer, une main agrippa mon avant-bras, elle laissa échapper un nom étranglé et colla son corps contre le mien de sorte que je sentis son désir. A son tour elle m’embrassa, me faisant ainsi comprendre que mes sentiments étaient sien. Je fini par abandonner ses lèvres, afin de la contempler une dernière fois, ma main soutenant toujours son menton ce permis de caresser ce doux visage avant de se retirer. Puis avec résignation je m’éloignai d’un pas, lui demanda pardon et fit demi-tour. Le besoin de détruire était si présent en moi que je ne pus me résigner à ne pas agir. Lorsque dans mon dos je l’entendis me demander pourquoi, je baissai la tête, ferma les yeux, pris une profonde inspiration. Ce qui suivis ce déroula en une fraction de seconde, je dégaina entièrement ma lame et me retournant je lui assena de coup. Le premier l’entailla de l’épaule droite à la hanche opposé, tandis que le second lui transperça le ventre la forçant ainsi à s’effondrer dans mes bras. Avec tout autant agilité, je retirai la lame de son corps et l’allongea délicatement sur le sol.
Agenouillée près d’elle, je ferma ces paupières, déposa un baisé sur son front puis me redressa. Qu’avais-je fais…

Ne pouvant me résoudre à partir, je m’installai sur un fauteuil non loin du corps, je l’observais tout en versant des larmes bien qu’aucun sanglot n’agitait mon âme. Avais-je détruit ma seul chance de connaitre l’amour ? Je ne le saurais jamais, et puis cela n’avait plus vraiment d’importance car en donnant la mort je m’étais condamnée.
Sentant que l’heure de partir arrivais, je chercha dans la pièce une feuille, et un stylo. Puis me demandant si quelqu’un retrouverait ma trace, je commença à écrire l’histoire que vous venez de lire. Combien de temps s’est-il écoulé depuis ce terrible meurtre ? Où suis-je maintenant ? Je n’ai aucune réponse, mais j’aurais une seul chose à vous demander, ne me jugeait pas pour ce que j’ai fait car le sang qui souille mes mains et ma lame auront raison de moi et même l’enfer ne saurait vouloir d’une âme ayant détruit son seul amour.
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