Le fruit pour le désert

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Le fruit pour le désert

Message  Thib le Mer 18 Fév 2009 - 14:22

Le cliquetis discret d’une main sur le vent fait des globes des ronds et des mouches
Avance et tourne ondoie à l’épicentre disparu que provoque un baiser la discrétion est et n’
Est pas l’affaire de l’eau
Nous nous rencontrons il s’ensuit
Toute une émeute de soupirs et de mots à mâchoires
L’indécision et soudainement nous marchons sur la tête
Nos yeux portés vers des noms effacés expriment l’accueil qu’on leur fait
Portes tu deux trois sept fois la première feuille de l’automne est elle tombée et comment débute-t-elle
Quel rêve ? Quel rire
Et quel accent
Un livre qu'on ouvre et qu'on règle
Une à une des lampes un à un tes deux yeux la solution d’approche
Celle qui mange avec la paume les caresses tient fortifiée la place
D'amertume et de nerfs le lieu des jeux de sexe et de préférences
La raison suffisante à la peau et l'orfèvre incessant altéré et rugi
Du fauteuil pivotant des petites morsures
Étanchées sur l'espoir
Avec le navire à plumes de soie de coq et le sable le réseau de vue suspend les artisans dont le plus beau travail consiste à croire à toutes les lumières
Nous nous disons à peine que le temps
S’accomplit dans la forme infinie d’une main.


2 Février 2009

Thib



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Re: Le fruit pour le désert

Message  Feurnard le Jeu 19 Fév 2009 - 13:16

Ce poème se prête principalement au ressenti du lecteur, l'émotion qu'il a cru y trouver.
Je m'en tiendrai à très peu de commentaires.

Au plus simple, c'est la description d'une main (ou son activité), soit le chiasme : "Le cliquetis discret d'une main [...] la forme infinie d'une main."
On peut voir le poème comme l'expansion infinie de cet espace clos, par le mouvement.

Il y a de la sensualité : "baiser, soupirs, caresses", il y a de la violence : "émeute" puis "rugi, morsures", il y a du secret : "discrétion, noms effacés" et une plage : "l'eau, le navire, le sable".
La forme correspond intuitivement aux "mots à mâchoires" et le rôle pourrait être de "croire à toutes les lumières". Car si "orfèvre" et "artisans" désignent le plus probablement le "nous" du texte, il est toujours possible d'y voir ou le travail d'écriture, ou une clause de lecture.

Mon interprétation du texte n'est pas arrêtée, je serais déçu d'en trouver une.
Puisque le texte refuse toute ponctuation (sinon le point final), qu'est-ce qui justifie le point d'interrogation ? De par son unique occurrence, il devrait être central et là encore, la question posée (du rêve ?) serait celle du poème. Ou il s'agit simplement de distinguer avec "quel rire quel accent" qui ne seraient pas des questions.
Il est possible pour ceux qui veulent s'y essayer d'en faire une lecture linéaire.
J'aurais voulu apprendre quel projet d'écriture se cachait derrière ce texte, moins le sujet que le choix de cette forme, la justification entre autres, pour ce sujet précis, d'une absence de rimes, d'une absence de ponctuation (mais là je devine en cause le mouvement) et du choix de l'expression surréaliste (avec les images absurdes comme marcher sur sa tête).

Que ce poème n'ait pas de sens ne signifie pas qu'il soit sans but.
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Re: Le fruit pour le désert

Message  Thib le Jeu 19 Fév 2009 - 13:58

Le sens n'est dans ce texte pas fonction de l'auteur je pense, je serai plutôt partisan de dire que c'est une plateforme prêtée à l'interpretation de chacun. J'ai peine moi même à y trouver quelque chose de précis qui ne soit pas des sensations, puisqu'il est en écriture automatique, et puisque cette écriture ne donne de signification que dans l'inconscient et le contexte (ce qui englobe l'état d'esprit comme l'influence extérieure) l'asbence de signes de ponctuation peut effectivemment être associée à une volonté de fluidité, ou disons d'unité. Unité peut être prélevée sur ce point d'interrogation central qui encourage à la dialectique, présente à l'étape d'assimilation dans tout le texte par les réseaux sémantiques croisés.

Cependant j'avoue que mon but premier quand j'écris est clairement de "frissonner et de faire frissonner", et à ce titre, j'apprécie beaucoup la lecture sensitive que tu en as fait feurnard.

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Re: Le fruit pour le désert

Message  Feurnard le Jeu 19 Fév 2009 - 20:28

Le sens n'est dans aucun texte fonction de l'auteur mais cela sort de la question du surréalisme et tient même en-dehors de toute problématique littéraire (elle tient de l'analyse du discours).
Néanmoins, à s'y tenir le texte appelle une pertinence, soit un rapport effort/effet. C'est la part de l'auteur et donc sa fonction dans l'interprétation. Cela vaut-il aussi dans un texte surréaliste, écriture de l'altérité ?

D'où justement, excuse-moi cette généralité mais puisque j'ai un auteur surréaliste sous la main, autant la poser, la part de travail de l'auteur dans une écriture automatique.
Qu'entends-tu par "assimilation" et quels sont les acteurs de la dialectique que tu proposes ? Ou plutôt, quelle est cette dialectique ? Car elle doit bien porter sur quelque chose. En général, quelle est la part consciente de ton travail ?
Ce sont des lieux communs par lesquels il me paraît utile de passer pour donner sa valeur à ton poème.

Aussi, tu aurais avantage à commenter Cobeae dont les écrits, souvent intuitifs, souvent oniriques, quoique plutôt symboliques se rapprochent de tes préférences.
De tels commentaires seraient instructifs.
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Re: Le fruit pour le désert

Message  Thib le Ven 20 Fév 2009 - 17:43

Un auteur, qu'il soit surréaliste ou non, propose quelque chose qui a pour lui une interprétation particulière, voilà le lieu commun. Ne voulant pas entrer dans de l'analyse du discours purement formelle, je dirai que pour ma part et puisque le seul joug qui tienne son emprise sur moi est le dogme du plaisir, il n'y a pas d'interprétation illégitime d'un texte, et cela suffirait à répondre je pense. Dans le surréalisme et dans le dadaïsme surtout, c'est la subversion qui est recherchée, c'est à dire la provocation qui mène à la découverte incessante et renouvelée de soi et de toutes les transformations de soi par rapport au monde dont il est impossible de s'extraire et qui change en fonction de son propre mouvement. A partir de là, le principe de l'écriture automatique, parce qu'il met en jeu des associations inusitées et des liens sous-jacents ou brimés (le travail de l'inconscient) est très adapté, encore que peu contrôlable (il est sans doute préférable de parler d'images automatiques). La part de conscience y est mesurée différemment, quant à elle, selon la vitesse d'écriture et le jugement, qu'il est en définitive difficile d'oblitérer complètement. Ce n'est jamais deux fois identique.

Pour la dialectique et l'assimilation dont je parle il s'agit plus précisément de ce texte, la dialectique sépare puis rassemble, si l'on suit la définition de Hegel à laquelle je me tiendrai, et ce rassemblement est pour moi une assimilation. Matérialisée par le point d'interrogation qui ne sépare pas mais rapproche les deux termes, le rire et le rêve.

Et je soutiens très fortement ta suggestion de lecture dont je ne me suis pas privé, toutefois je préfère faire part de mes sensations que de laisser cours à mon scalpel analytique. Pour l'instant, et en fonction du nombre de lectures, bien sûr.

Thib



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Re: Le fruit pour le désert

Message  Pierrot le fou le Ven 27 Mar 2009 - 6:01

Ahah j'adore ce jeu où l'on peut relier une sensation à plusieurs autres le cliquetis est parfait pour l'assemblage des verrous ouverts qui suivent.

Tu pourras retrouver le passage de Perspective Cavalière sur l'inutilité des commentaires de texte ?

J'aime cette évidence première qui ne cache rien, la fluidité horizontale qui happe comme elle ouvre le corps...

Pierrot le fou



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Re: Le fruit pour le désert

Message  Thib le Mer 1 Avr 2009 - 13:53

Je l'ai mais il est long et j'ai pas envie de l'écrire

Moi aussi j'aime bien ce jeu, peut être pour ça que je me sers des yeux quand ils sont fermés.

Thib



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Re: Le fruit pour le désert

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