Voisins.

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Message  Feurnard le Lun 9 Mar 2009 - 2:38

Pour ce texte de quand même quatre pages, je vous demanderai un service : "Si à quelque moment de votre lecture, par fatigue ou par difficulté, vous arrêtez de lire, ne continuez pas. Dites-moi où vous vous êtes arrêté et laissez pourrir la suite."
Je sais que vous n'en ferez qu'à votre tête mais au moins j'aurai demandé.

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Ce jour-là monsieur Merison rentra plus tard que d’habitude, en décalage d’une demi-heure sur ses horaires hebdomadaires, ce qui lui causa une fatigue jamais ressentie jusqu’alors. Au lieu de reconnaître chaque détail du paysage, sur le trajet du train, il distingua tout juste le tacheté de pluie sur la vitre, avant de sombrer dans un état de semi-conscience, où ses rêves comptaient les gares.
Quand le train avait repris sa route et qu’il s’était assoupi tout à fait, une personne qui revenait sur ses pas, hésitant encore, finit par s’asseoir à côté de lui. L’hésitation n’était due qu’au dormeur, qui n’avait ni vu ni entendu arriver son voisin et qui, surpris quand la venue de son arrêt lui fit reprendre ses sens, se découvrit soudain cette présence nouvelle, née de quelque instant d’égarement.
Il n’eut pas autrement à la regarder plus en détail car, au moment de se déranger, la personne se leva avec lui et avec lui, en file entre les sièges, alla descendre sur le quai. Monsieur Merison nota seulement, éveillé à ce genre de détail, qu’on tirait un petit chariot à bagages dont les roues l’agaçaient.
Tous deux, l’un devant l’autre, sans se regarder parcoururent le quai jusqu’aux passerelles, puis arrivés aux passerelles ils partirent dans le même sens, c’est-à-dire en direction du bâtiment de la gare, au lieu de remonter la ville. Ils se bousculaient presque en arrivant dans le hall où les horaires défilaient, tous tronqués de retards, dans une foule que les destinations diverses séparaient aux différentes entrées.
Pour prendre le chemin des Liserés, monsieur Merison coupa à droite devant les escaliers et passant les guichets, atteignit les portes des parcs où s’alignaient les taxis. Le souvenir désagréable des roues de chariot à bagages, le poursuivant d’abord, le précéda ensuite, quand la même personne le dépassa pour s’engager sur son passage pour piétons, traverser en premier la rue et prendre sur lui de l’avance en s’engageant dans le chemin.
L’un suivit l’autre alors, bien obligés, à cinq ou six mètres de distance et comme faussement distants, leur attention bien malgré eux attirée sur l’autre du simple fait que le chemin des liserés, entre ses murs couverts de lierres, n’était fréquenté autrement par personne. Il débouchait sur le boulevard Chaudemines dont le numéro trente-cinq, vieil immeuble de cinq étages à la cour ceinte d’un muret, abritait l’appartement de monsieur Merison.
Ils arrivaient au bout du chemin et toujours les roues du chariot à bagages l’empêchaient de s’apaiser. Les pensées si douces du sommeil, décousues mais si familières, à la manière du gravier, frottaient et s’effondraient et le maintenaient éveillé. Il ne souhaitait que le départ de cette gêne, mais eu la mauvaise surprise de voir cette personne tourner dans le même boulevard, dans le même sens que lui, puis la surprise de la voir s’engager dans la cour du numéro trente-cinq.
Ils s’étaient alors à peu près rattrapés par le hasard, l’un moins chargé que l’autre. Encore avait-il cru, du fait de la cour partagée avec le trente-quatre, que leurs bâtiments seraient séparés ; ils se retrouvèrent bien devant la même porte, à l’ouvrir en même temps.
Le moins timide, c’est-à-dire monsieur Merison, demanda à l’autre : « Vous aussi ? » en désignant la porte. L’autre hocha la tête : même à cet instant, il n’y crut pas par la suite, monsieur Merison ne prit aucune peine pour retenir le moindre trait de cette personne. Il la laissa entrer la première, ferma derrière et tous deux montèrent les escaliers, étage après étage, toujours plus surpris l’un que l’autre de se découvrir d’autant plus proches qu’aucun n’avait pris l’ascenseur, et qu’ils ne pourraient pas aller plus loin que le toit.
Quand apparut le couloir du troisième, l’un et l’autre se regardèrent le temps de se demander jusqu’où cela irait. Ils s’y engagèrent effectivement, tous les deux en même temps et monsieur Merison, qui croyait jusqu’alors connaître tous ses voisins, se perdait en conjectures sur ce qui arrivait. Enfin il passait en revue des arborescences familiales quand, arrivant devant sa porte, il vit l’autre s’arrêter également.
Leurs portes se faisaient face.
Monsieur Merison avait tiré ses clés de sa poche ; il se retourna et : « Vous êtes nouveau ? » ; l’autre nia de la tête, ouvrit sa propre porte et disparut derrière.
À cet instant seulement, il se rendit compte que, même en se concentrant, il lui aurait été impossible de décrire même en général la personne qui, par coïncidence, l’avait accompagné depuis le train jusqu’au pas de son appartement et qui, apparemment, devait vivre ici depuis peut-être plus d’un an.
Heureusement le sort se brisant, lui enfin libéré du mystère alors qu’il ne faisait que naître, il retrouva sa fatigue en même temps que ses intérêts. Sa propre porte claqua sur cette étrange soirée où une demi-heure de décalage avait pu, d’une manière quelconque, sans pouvoir le mesurer encore, changer si radicalement son monde.
Le lendemain revenant de son travail ; il était à peu près huit heures, peut-être huit heures moins le quart ; plusieurs policiers occupaient le couloir, ainsi qu’un inspecteur appuyé contre sa porte. Celle voisine, ouverte, parce que la seule ouverte, accusait une absence jusqu’alors inconnue pour lui. Il ne comprit pas tout à fait, puisque rien ne lui parlait encore, mais déjà monsieur Merison avait deviné – avec la certitude du physicien – que la personne de l’appartement voisin, qu’il avait vu cette personne pour la première et dernière fois de sa vie la veille au soir, qu’il ne la reverrait jamais.
Aussitôt cette certitude fermement empoignée, il s’avança à sa porte, pour permettre aux policiers de venir à sa rencontre. L’inspecteur lui adressa la parole, se présenta, passa quelques formalités avant de poser la question : « Avez-vous rencontré » tel nom « la nuit du six entre neuf heures trente et dix heures ? » Monsieur Merison se surprit à chercher, entre ses doigts, une sorte de garde-fou auquel s’accrocher. Néanmoins :
« Oui. » Déjà l’inspecteur demandait des détails, que dans le couloir, à l’écoute de tous les voisins, monsieur Merison donnait l’air absent. Il se fouillait lui-même, à la recherche de ce qui l’écrasait à terre, si vivement, qui lui faisait tourner la tête, lui retirait ses couleurs. Il ne songeait même pas que la police pouvait le voir si mal en point.
Quand on lui demanda une description de l’individu, il fut incapable d’en fournir une. Dans la quarantaine, l’inspecteur rumina quelques paroles méchantes, après quoi il répéta sa question. Encore. Encore. Après trois réponses différentes, qui disaient toutes ne rien savoir, monsieur Merison s’entendit poser sa propre question : « Qui est-ce ? » Il s’était emporté et s’excusait mais l’inspecteur était passé à une autre question, jusqu’à ce que tout fut dit.
Monsieur Merison fut prévenu qu’il serait appelé au téléphone demain pour fixer sa déposition complète au poste de police, dont il reçut l’adresse qu’il devait connaître déjà. La soirée encore la police resta devant la porte, dans l’appartement vide, puis la nuit, vraisemblablement, le couloir se vida. Le lendemain matin, quand il sortit pour travailler, le même monde dans lequel il avait toujours marché, le monde familier, rassurant, où ses voisins portaient un nom et un visage, l’accueillit sur son paillasson aussi fidèle qu’un chien.
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Message  Feurnard le Lun 9 Mar 2009 - 2:39

À l’âge de vingt-huit ans, enchaîné à des obligations de comptable, Daniel Merison n’avait ni le temps ni l’intérêt pour des histoires qui risquaient seulement de déranger son travail, alors que le retard s’accumulait et que de jour en jour courait dans les bureaux la rumeur du renvoi, on ne savait pas pour qui encore, et qu’il fallait se montrer capable.
Il avait pourtant une figure d’avenir, belle malgré le creusement de ses yeux et la mâchoire trop tendue. Sa coiffure coupée courte, raie à droite égalisée lui ouvrait le front, ce qui sans rapport l’obligeait à tenir la tête haute en toute situation. Il passait pour nerveux sans l’être, pour fiable sans le savoir, enfin pour un parfait imbécile en amour, ce qu’il prenait soin de ne jamais démentir.
Ce jour-là la tension avait encore augmenté, à cause des échanges à la machine à café mais aussi à des erreurs et à un téléphone trop silencieux. D’habitude courants, les appels se raréfièrent dès le matin, au point qu’il aurait pu fixer le combiné comme une marmite sur le point de bouillir, qui n’éclaterait jamais. Monsieur Merison essayait en vain d’oublier qu’un appel viendrait pour lui dire de déposer au poste de police. Cet appel ne vint jamais.
Rentré plus tôt sur une occasion, il retrouva au troisième du numéro trente-cinq ce couloir de jaune frais éclairé par trois vieilles lampes, ainsi que les portes encastrées avec leur nom sur le côté, dans le cadre de bois clair. À la mesure du temps qui passait, qui faisait tarder toujours plus cet appel de la police, ses questions se rapprochaient de l’appartement voisin, alors qu’il cuisinait, alors qu’il mangeait, alors qu’il lavait sa vaisselle. La question la plus oppressante était aussi la plus simple : « Son appartement ressemble-t-il au mien ? »
Mercredi le poste de police n’avait toujours pas appelé. La police ne revenait pas non plus devant sa porte, de sorte que pour en finir avec toute cette affaire, monsieur Merison décida de se déplacer lui-même au poste.
Tout était irréel de silence.
Un réceptionniste en uniforme, occupé à ses mots croisés s’intéressa à lui : « Par ici, monsieur, que puis-je pour vous ? » Lui, voulant rentrer : « On m’a demandé de… » et ainsi de suite jusqu’à ce que le réceptionniste aille vérifier. L’homme revenait peu après, intrigué, pour lui déclarer que personne ne songeait à recevoir de déposition.
Monsieur Merison s’en serait suffi peut-être mais pour être sûr, il demanda encore et si bien qu’après avoir vérifié : aucune affaire en cours ne concernait le troisième étage du numéro trente-cinq ; personne n’avait à donner la moindre déposition sur quoi que ce soit ; le nom de Daniel Merison n’apparaissait nulle part au poste ; l’inspecteur allait venir le confirmer lui-même.
L’inspecteur en effet, acceptant de se déranger, vint le rencontrer dans le hall. Il lui serra la main comme à un ami. « Que faites-vous ici ? » Après explication, il apparut qu’il n’y avait pas eu d’affaire, qu’il ne s’était rien passé et que cette histoire de déclaration avait été du zèle inutile, ce pour quoi l’inspecteur s’excusait. Enfin, il le remerciait d’avoir voulu accomplir son devoir de citoyen, et ainsi de suite, l’amena de bonne humeur à quitter le poste de police.
Il ne s’agissait pas de l’événement le plus extraordinaire. L’événement extraordinaire n’arriva pas même tout à fait le vendredi, quand excédé par la charge de travail et l’ambiance la plus désagréable qui soit, monsieur Merison recherchait quelque calme chez sa voisine une vieille dame dont la plus grande occupation n’était pas la cuisine de gâteaux secs.
Vers neuf heures, tous deux assis à une table nappée rouge devant un vase de fleurs, il lui répondait au sujet des nouvelles musiques, toujours surpris qu’elle s’y intéresse, quand le journaliste Rhages, aussi jeune qu’audacieux, venait frapper à cette porte. La vieille dame s’excusa, alla ouvrir puis revint pour lui dire que ce journaliste avait tambouriné plus d’un quart d’heure, attendu devant sa porte avant d’aller demander aux voisins où trouver Daniel Merison.
Ce dernier en resta interdit. Il sentit, depuis quatre jours qu’il n’avait plus senti ça, il sentit ses doigts se plier, se déplier, fouiller le vide sans prise. Le journaliste l’attendait dans le couloir : il le fit entrer chez lui.
Dès la première question : « Que pouvez-vous me dire sur » tel nom. La cuisine, imaginée sans toutes ces décorations d’objets accumulés par les années d’habitation, tenait à deux séries d’étagères sur deux murs, ainsi que la cuisinière encastrée et le frigidaire. La disposition changeait cependant d’appartement en appartement, selon les rénovations ou simplement les contraintes techniques. Une table à pied unique, rectangulaire, tenait presque toute la place, au point qu’elle étouffait sa réponse.
Le journaliste répéta sa question, en s’avançant au-dessus de la table, le stylo touchant déjà son calepin. Il fallut dire : « Rien. » pour que monsieur Merison croie à nouveau respirer. Il se dépêcha de préciser ce qu’il savait, ce qu’il avait dit à l’inspecteur et, interrogé sur l’enquête, avait expliqué qu’il n’y avait pas d’enquête.
« Qu’est-ce que cela veut dire ? » demanda le journaliste avec le ton du sarcasme. Il fit observer justement que s’il y avait eu enquête, il y avait eu enquête, qu’on n’enterrait pas une enquête sans raisons. « Vous ne savez donc vraiment pas pourquoi, le sept au matin, la police s’intéressait à » tel nom « et ce qui lui est arrivé ? »
Il avoua que non. Il avoua : « J’avais mieux à faire que d’y penser. » Le journaliste Rhages fit battre complaisamment son stylo contre le calepin. Il prenait l’air narquois, vainqueur, de celui qui savait ; cet air, monsieur Merison ne l’aimait pas. « Vous êtes-vous demandé, Daniel » il l’avait appelé Daniel « pourquoi vous ne pouvez pas me dire ne serait-ce que la taille ou l'âge de » tel nom « alors que vous avez voyagé avec de la gare jusqu’à votre appartement ? »
Monsieur Merison resta interdit, pour une toute autre raison. Cependant le journaliste insistait : tel nom « se tenait là, devant vous, à moins d’un mètre ! Et y avait-il eu une seule rencontre avant ? Et avez-vous échangé ne serait-ce qu'un mot ? »
Il s’avéra le lundi suivant que, le journaliste lui ayant laissé sa carte, monsieur Merison s’amusa à l’appeler. Ou plutôt, monsieur Merison voulut lui dire ce que ce vendredi-là il avait conçu dans son esprit : l’événement le plus extraordinaire avait été la réaction de son voisinage.
Six voisins partageaient avec lui le troisième étage : trois lui parlaient presque tous les jours et ces trois-là, après le départ de la police, avaient eu la même réaction. Ils avaient tous accepté tacitement que tout cela n’avait aucune importance, qu’il n’y avait pas eu d’enquête et par la suite, il semblait presque que la police n’était jamais venue dans l’immeuble. La vieille dame le lui rappelait comme une anecdote, le vendredi de sa visite, en parlant de l’appartement et de la personne comme de choses parfaitement étrangères, comme d’un fait de journal.
Ce lundi-là, l’immeuble annonçait un appartement à louer, plus de six jours après. La nouvelle ayant traversé la voisinage avait décidé monsieur Merison à contacter le journaliste Rhages, comme une dernière preuve que, voilà une semaine, il avait effectivement rencontré une personne, par le hasard d’un décalage d’une demi-heure, qui avait depuis cessé tout à fait d’exister.
« De quoi parlez-vous ? » lui dit le journaliste au téléphone. « Je ne me suis jamais intéressé à cette rumeur. » Tandis que tous deux raccrochaient, le geste de monsieur Merison se suspendit : il sentait ses doigts se serrer sur le combiné, se desserrer au risque de lâcher prise, se resserrer encore. Il regardait sur sa main les symptômes qui le saisissaient, le malaise indescriptible d’une absence toujours plus présente dans son esprit, qui lui faisait peur, abominablement peur, et lui donnait des pulsions condamnables.
Sa vie venait de basculer.
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Message  Adrien' le Lun 9 Mar 2009 - 10:17

Mais que dis-tu, cher Feurnard ? Ce texte est parfaitement digeste. Plus que Kafka, il m'évoque Dino Buzzati, peut-être parce que les émotions de cet homme sont toutes entières contenues dans quelques doutes d'apparence anodine et dans ce geste de crisper la main. Le lecteur a sa suite ne sait pas non plus si il a raison de ne pas s'inquiéter de la disparition de ce voisin : rien de dramatique n'est arrivé, n'est-ce pas ? Un simple incident ramené bien vite à sa juste proportion.
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Re: Voisins.

Message  cobeae le Mar 10 Mar 2009 - 22:18

J'ai apprécié la lecture, il me manquerait même une suite.

Par contre je n'ai pas suivi l'histoire dans le bon sens peut-être, en tout cas pas lue sous forme d'un simple incident arrivé au voisin...
J'étais avec ce Mr Merison, et me sentais prise dans cette sorte de plongée dans un gouffre chaque fois que ses mains ou plutôt ses doigts se déplient et se plient (symptôme), car il est au seuil de l'inquiétante étrangeté, à plusieurs reprises, et je me dis qu'avec cette ambiance pesante au travail, sa solitude dans cet appartement, des détails sur sa personnalité comme cette idée de lever la tête parce que sa raie de côté lui ouvre le front pourraient expliquer ce qui est en train de lui arriver.
Les instants avec la police, le journaliste sans aucun personne connue avec lui..; sauf ladite voisine lorsqu'elle ouvre la porte à Rhage...
J'ai ressenti le texte plus comme la naissance d'évènements hallucinatoires, dans un contexte favorable, avec un personnage dont la structure psychique est pressentie pour.

Si je devais donner un ouvrage qui me fait écho, ce serais le double de Fédor Dostoïevski.

Enfin, même si je suis loin du sens, la lecture m'a plu.

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Re: Voisins.

Message  Feurnard le Mer 11 Mar 2009 - 16:00

Je comparerai la main crispée de Merison, ses doutes - s'il en a - et sa nature nerveuse (?) à des panneaux publicitaires. Toute votre attention s'est concentrée dessus et ces panneaux vous ont dit : "inquiétez-vous, doutez". Et c'était effectivement leur fonction.
La seconde série de panneaux publicitaires a également fonctionné, puisque dans vos deux messages, je lis qu'en quelque sorte, "il ne s'est rien passé". Un "incident". Tout le texte vise à vous faire dire cela.

Mais dans les faits ? En admettant que le texte ne mente pas, que s'est-il passé, dans les faits ?

Je ne m'autorise pas à y répondre et si vous y voyez ou un simple incident, ou une hallucination, vous aurez raison. Et je l'avoue, si vous me permettez ce sentiment, je trouve cela un peu triste.
Voici tout ce que je peux dire : un personnage qu'on fait taire, qu'on empêche d'agir ou qu'on retire de la scène, équivaut, pour ce personnage, à sa mort.
C'est peut-être faux mais c'est ce que je crois.
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Message  Adrien' le Jeu 12 Mar 2009 - 0:15

J'ai manqué de clarté ; quand je disais "il ne s'est rien passé", c'était pour souligner l'unanime silence des personnages au sujet de cette disparition. Le ton tranquille avec lequel tout cela est négocié invite le lecteur au calme, suggère d'ignorer l' "incident" mais les indices ne laissent aucun doute.
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Message  Pierrot le fou le Ven 27 Mar 2009 - 6:03

Feurnard a écrit:Ce jour-là

Je me suis arrêté là.

(J'ai déjà dû le voir quelque part)

Pierrot le fou



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