La science-fiction du langage

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La science-fiction du langage

Message  Feurnard le Jeu 12 Mar 2009 - 23:15

Ceci est une science-fiction.
Il s'agit d'une réponse à Lettre de l'Institut de Jack.
Son texte montre un esprit scientifique plutôt religieux et facilement influençable. Je veux démontrer ici le contraire.
Aussi vais-je le répéter : ceci est une science-fiction.
Ca n'existe pas.
C'est une science-fiction croyez-moi sur parole.

Introduction à la Grammaire du Langage


Avertissement

Le présent ouvrage est une introduction à La Grammaire du Langage (20..). Il s’agit d’y simplifier et d’y résumer cette référence pour en rendre l’accès possible à quiconque, y compris au public.
Dans ce but, les démonstrations et développements seront sacrifiés et de nombreux raccourcis aménagés tout au long de ce travail. Si la rigueur scientifique et de nombreux termes techniques demeurent, il faudra pour tout approfondissement se reporter à l’ouvrage principal.

Plan

Introduction
1. La GL comme paradigme
2. État de la recherche
3. L’objectif
Notions théoriques
1. Cadrer la communication
2. Définir la sémantique
3. Développer la logique
Application
1. Au syntagme nominal
2. Au syntagme verbal
3. À la proposition
4. Au texte
Conclusion

Introduction

Je veux dire ici ce qu’est la Grammaire du Langage, d’où elle vient et ce qu’elle peut vous offrir.
Il ne s’agira pas de vous donner la grammaire du langage, mais d’expliquer comment cette grammaire a été créée et comment elle peut être utilisée.

1. La GL comme paradigme

Si la GL, ou Grammaire du Langage, a vu le jour, c’est pour répondre à un besoin précis : celui d’une grammaire.
Il existe effectivement une grammaire, celle que nos enfants apprennent à l’école. Pour avoir été enfants nous-mêmes, nous la savons lacunaire, contradictoire et arbitraire. Nous le savons d’autant mieux que ses règles datent de cinq siècles, et que depuis la langue a évolué.
La science du langage – la linguistique – a voulu dès sa naissance opposer à la « grammaire normative » des écoles une grammaire « descriptive », qui ferait état du langage tel que nous en usons chaque jour.
Cette grammaire représente le Saint Graal de la linguistique : elle équivaut à découvrir l’algèbre pour la mathématique. Une grammaire du langage aujourd’hui aurait autant d’impact sur nous qu’autrefois le calcul sur nos ancêtres.
C’est la correction automatique, l’acquisition du langage, le langage universel, l’indexation de mille pétabytes de données, la traduction instantanée et pour nos ordinateurs le moyen de nous parler.

2. État de la recherche

Je pourrais faire remonter sans mal la naissance de la GL à Ferdinand de Saussure (190.), soit au père de la science du langage.
À partir de lui est né le courant structuraliste, qui dans les années ’50 dépassait le cadre de la phrase pour donner des règles au discours. Ce pas franchi donna naissance à la sémantique formelle, qui faisait appel à la logique.
Mais c’est le mouvement générativiste, le constructivisme de Chomsky (196.) qui a le premier parlé de grammaire universelle.
C’est dans les années ’50 aussi qu’apparaît la théorie des actes de langage d’Austin (195.) et la notion d’implicite de Grice (197.) qui donnera le paradigme pragmatique.
La pragmatique ouvrit à son tour sur le socioconstructivisme (Labov, 198.) et la praxéologie (Goffman, 198. ; Roulet, 199. ; Halliday, 198.), soit une vision sociale du langage qui amena à un déclin de la grammaire.
Le paradigme de la GL réapparait donc à la suite du générativisme, en faisant appel à de nouveaux apports :
Logique, avec l’école de Varsovie des années ’30 (Lesniewski, 193. ; Lucasiewicz, 195. ; Tarski, 192.) et leur successeur M. (20..). Logique toujours mais naturelle, avec Borel (198.) et M. toujours (199.). Communicationnel, avec les modèles de Shannon et Weaver (194.) et de Jakobson (197.). Narratologique enfin, avec Aquien (199.), Rabaté (199.) ou encore Vaillant (199.) et Buffard-Moret (200.).
La GL s’inscrit donc dans une profonde continuité, du générativisme en passant par la pragmatique et faisant appel à d’autres disciplines des sciences humaines.

3. L’Objectif

La GL se réclame comme un paradigme. En tant que tel, elle se définit par ses outils, ses objectifs et ses résultats. J’exposerai outils et résultats dans les notions théoriques et l’application de cette introduction.
Quant à ses objectifs, elle n’en a qu’un : écrire la grammaire du langage.
Cela signifie donner des règles à la phonétique, à la phonologie, à la morphologie, à la morpho-syntaxe, à la syntaxe, à la sémantique, à la pragmatique et au discours, en tenant compte de toutes les conditions diacritiques.
Cette introduction simplifie le langage au seul écrit et à une seule langue.

Notions théoriques

J’exposerai ici les outils qui constituent la grammaire du langage, avant de les appliquer au chapitre suivant.
Aucun renvoi ne sera fait et pour tout approfondissement, le lecteur est invité à se reporter à La Grammaire du Langage (20..).

1. Cadrer la communication

Je soutiens que le langage a pour but premier de communiquer. En tant que communication, le langage se présente ainsi : « Quelqu’un dit quelque chose à quelqu’un. » Cela revient à poser la question suivante : « Qui dit quoi à quoi ? »
Je pose un nom et une définition provisoire à chacun de ces trois éléments :
- Le locuteur (L) : celui qui parle.
- Le thème (T) : ce qui est dit.
- Le locutaire (La) : celui à qui on parle.
Un premier modèle de communication se résumerait donc ainsi, toute chose égale par ailleurs :

[Locuteur – Thème – Locutaire]

Les exemples qui vont suivre doivent permettre de comprendre l’intérêt de ce modèle et de le compléter.
Ainsi si je dis : « Pierre dit à Paul qu’il pleut. » En tel cas, Pierre est le locuteur, Paul le locutaire et « il pleut » le thème.
Un second exemple sera : « Philippe dit à Pierre qu’il pleut. » Même chose : [Locuteur(=Philippe) – Thème(=il pleut) – Locutaire(=Pierre)].
Dans le troisième exemple : « Pierre dit à Paul : « Philippe m’a dit qu’il pleut. » » Comment le décrire ? Nous avons le premier modèle : [L(Pierre – T(Philippe m’a dit qu’il pleut) – La(Paul)] mais le thème contient le modèle du second exemple. Nous reconnaissance le discours rapporté.
En tel cas, il faudrait représenter : [L(Pierre) – T( [L(Philippe) – T(il pleut) – La(Pierre)] ) – La(Paul)] ce qui est incompréhensible. On préfèrera superposer différents niveaux :
N1 : [L(Pierre) – T(N2) – La(Paul)]
N2 : [L(Philippe) – T(il pleut) – La(Pierre)]
Ce sont les « cadres narratifs » de la narratologie. À défaut de cadre, je mets des crochets.
Dans mon exemple, Pierre n’a pas dit à Paul : « Eh, Paul, moi Pierre te dis que… » Tout comme l’exemple n’était pas : « Je te dis à toi lecteur que Pierre dit à Paul… » Il y a un niveau sous-entendu, caché, que pour la forme j’appellerai N0, et qui est métalinguistique :
N0 : [L(moi) – T(N1) – La(vous)]
N1 : [L(Pierre) – T(N2) – La(Paul)]
N2 : [L(Philippe) – T(il pleut) – La(Pierre)]
Enfin si je dis : « Paul répond à Pierre qu’il ne croit pas ce qu’a dit Philippe », alors Paul non seulement reprend le propos de Philippe mais il le discute, il agit dessus :
N0 : [L(moi) – T( N1(Paul agit sur N2)) – La(vous)]
N1 : [L(Paul) – T(ne pas croire(N2)) – La(Pierre)]
N2 : [L(Philippe) – T(il pleut) – La(Pierre)]
La complexité devient évidente à deux égards : il est impossible d’imbriquer des « cadres narratifs » sans perdre le lecteur (la narratologie pose la limite à trois cadres, certains récits les portent jusqu’à sept) et il faut être capable de déterminer quelle information appartient à quel niveau.

En résumé :
La communication se compose de « cadres » dans lesquels un locuteur parle d’un thème à un locutaire. Les « cadres » s’imbriquent et interagissent entre eux, augmentant ainsi la difficulté de compréhension.
Je montrerai sous peu le lien entre ce modèle de communication et la GL.
Nous avons vu ici ce qu’était la communication, nous allons voir ce qu’elle contient.

2. Définir la sémantique

Le langage est composé de mots. Ces mots doivent avoir un sens, une signification.
La sémantique a développé une unité de sens minimale, le « sème ». On dira par exemple de la pluie qu’elle a le sème « eau », le sème « tomber » et ainsi de suite.
Le sème est parfaitement artificiel et il est vain de vouloir décrire le sens avec des mots, puisque cela revient à décrire des mots avec des mots et au final d’en rester à la syntaxe. C’est néanmoins le choix de la GL.

Reprenons notre exemple : « Pierre dit à Paul qu’il pleut. » Maintenant, imaginons ce dialogue un peu fantasque mais tout à fait à propos : « Qu’est-ce que pleuvoir ? » demande Paul. « C’est quand la pluie tombe. » - « Et c’est quoi la pluie ? » - « C’est la condensation de l’eau. » - « La quoi ? » demande Paul complètement perdu.
C’est normal, je l’ai dit, il est vain de vouloir donner du sens à un mot par d’autres mots qui n’ont pas de sens non plus : c’est se mordre la queue. La seule manière de lui répondre serait de lui faire subir la pluie.
Je peux par contre montrer le mouvement d’enrichissement sémantique qu’a suivi Paul. En faisant abstraction du fait que Paul sait conjuguer les verbes, il crée le mot « Pleuvoir » qu’apparemment il ne connaissait pas auparavant. Ce mot nouveau n’a pas de sens, donc pas de sème : il est vide. Je le représenterai ainsi : « Pleuvoir( ? ) ».
Il reçoit ensuite une définition parmi d’autres, et s’en sert pour enrichir son mot : « Pleuvoir(moment ; pluie ; tomber) » Les sèmes qu’il a ajouté sont des mots qui n’ont pas de sens. Il est donc en droit de vouloir les définir. D’où « Pluie(condensation ; eau) », puis « Condensation( ? ) ».
À ce stade, le mot « Pleuvoir » ressemble à ça : « Pleuvoir(moment( ? ) ; pluie(condensation( ? ) ; eau ( ? )) ; tomber ( ? )) » Une fois encore, c’est long inutilement et je préfèrerai une présentation verticale, ou par niveaux.

À noter que désormais, si quelqu’un demande à Paul ce qu’est la pluie, il pourra tout à fait répondre : « C’est la condensation de l’eau. » Et si on lui ajoute « qui tombe », pas de problème, il enrichira : « Pluie(condensation( ? ) ; eau ( ? ) ; tomber( ? )) »
Mais s’il peut répondre, ce n’est pas pour autant qu’il sait de quoi il parle : il ne fait au mieux que répéter comme un perroquet.
Les problèmes ne font que commencer. J’en ferai observer deux.
Le premier est le plus simple : que deviennent les mots qui n’ont pas de sens, les mots grammaticaux comme le déterminant ou la marque du pluriel ? La GL les admet comme des mots, qui ont donc une définition : il faudra voir comment ce problème est résolu, au moment d’aborder la logique.
Le second est celui-ci : je vous parle de Paul depuis un moment et vous avez vaguement réalisé « Paul(exemple ; Pierre ; Philippe ; définition ; pleuvoir) » ou similaire. Mais vous connaissez d’autres Paul, dans votre entourage ou pour l’exemple Paul Valéry. Les définitions de Paul varient énormément d’une conversation à l’autre.
C’est là l’importance du modèle de communication [L – T – La] : cadrer la communication pour réguler ensuite l’enrichissement (ou l’appauvrissement) sémantique.

En résumé :
Notre langage ne sera composé que de mots et ces mots ont une définition constituée de mots.
Les deux opérations fondamentales sont l’enrichissement et l’appauvrissement sémantiques. Je montrerai plus loin, avec les outils logiques, à quoi correspondent ces opérations.

3. Développer la logique

Il nous faut une logique capable de définir les mots, d’évoluer et de s’adapter à chaque contexte. Cette logique s’appelle « logique développementale ».
J’essaierai d’en faire le résumé le plus court possible.

Une logique développementale part de « presque » rien : une quantification, des variables et l’équivalence. Grâce à ces trois éléments, il est possible d’écrire des définitions.
La définition fait équivaloir une forme nouvelle à des formes anciennes. En d’autres termes, on définit ce qu’on ne connait pas avec ce qu’on connait.
Ainsi admettons « A =df pour tout », « x, y, z =df variables » et « = =df équivalence », je peux définir la négation comme : (Ax)(non(x) = (x = (Ay)(y))). Il faut me croire sur parole, ça marche. Tout comme il faudra me croire pour (Ax)(Ay)(x et y) = (Af)(x = (f(x) = f(y)))) et (Ax)(Ay)((si x alors y) = non(x et non(q)))
Je viens de définir la logique des propositions.

Il est possible d’employer cette logique pour bâtir la GL.

Tout comme je viens de définir les opérations de négation, de conjonction et de conditionnelle, je peux définir des opérations telles que la flexion verbale ou l’accord singulier et pluriel.
De la même façon, je peux définir les mots eux-mêmes, en les faisant porter sur autant de variables qu’ils ont de sèmes, et en faisant équivaloir chaque variable à un de ces sèmes : (Axyz)(mot(xyz) = ((x = sème) et (y = sème) et (z = sème)))
À noter encore que le formalisme adopté ici ne correspond pas au formalisme réel, qui est lui préfixé et emploie des signes différents. Les formules plus complexes nécessitent la préfixation pour éviter toute ambiguïté, puisque dans ce système les parenthèses jouent un rôle important.

Enfin, cette logique est développementale. Non seulement je peux y définir les mots mais aussi faire évoluer ces définitions et les faire agir entre elles, tout comme ci-dessus j’ai utilisé et(xy) et non(x) pour définir alors(xy).
Cela signifie que le langage pourra s’adapter à chaque « cadre narratif » et ainsi y créer le savoir partagé de la communication, au travers de la sémantique, puis soit conserver soit modifier les acquis.
Je ferai seulement remarquer que l’informatique, trop empressé d’employer les mathématiques pour expliquer le langage, fait par trop reposer l’enrichissement et l’appauvrissement sémantique sur des fréquences et des probabilités censées mimer l’esprit humain.
Cela fonctionne, mais c’est artificiel.


Dernière édition par Feurnard le Sam 14 Mar 2009 - 11:33, édité 2 fois (Raison : balise [/url])
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Re: La science-fiction du langage

Message  Feurnard le Jeu 12 Mar 2009 - 23:15

Application

Je n’espère pas ici développer au grand complet la GL. Cela n’a pas été possible même pour le travail complet.
Il s’agira seulement de montrer comment créer un syntagme nominal, composé le plus simplement d’un déterminant, d’un nom et d’un adjectif ; puis un syntagme verbal, soit le verbe, le sujet et le complément ; puis une proposition, soit des syntagmes et des conjonctions ; enfin un texte, soit plusieurs phrases liées ensemble.
Ce système simplifié ne veut ni prouver que le système fonctionne, seulement comment il fonctionne. Il veut encore moins l’épuiser, ne faisant que l’esquisser.

Je dois avertir le lecteur que tout va devenir un « tout petit peu » plus technique.

1. Au syntagme nominal

Je veux créer un nom, un déterminant et un adjectif : « Le pré vert. »
La représentation la plus simple est : le((pré(x))vert(y))
Ces trois mots sont différents : « pré » aura des sèmes mais ne portera sur rien ; « vert » aura des sèmes et portera sur « pré » ; enfin « le » n’aura pas de sème et portera sur « pré vert ». Le contraire n’est pas possible, c’est-à-dire (le(pré))vert où « le » ne porterait pas sur « vert » et « vert » porterait sur « le ».
En effet, quelqu’un qui aurait une âme lyrique peut dire : « Pré vert, toi qui fleuris… »
Ce sont les différences entre ces mots qui vont permettre, dans la définition, de faire porter l’un sur l’autre. Ce sont aussi ces différences qui vont décider de la forme des parenthèses.

Le mot « pré » peut être défini de deux manières par la GL, selon le premier et le second développement.
Dans le deuxième, le système dispose déjà de « terrain ; clos ; herbe ; pousser ; nourriture ; bétail » et il suffit de réaliser : (Ax1)(Ax2)(Ax3)(Ax4)(Ax5)(Ax6)(Pré(x1x2x3x4x5x6) = ((x1 = terrain) et (x2 = clos) et (x3 = herbe) et (x4 = pousser) et (x5 = nourriture) et (x6 = bétail))). On notera l’état rudimentaire de cette définition, qui une fois le système achevé devient : Pré(Terrain clos où pousse l’herbe qui nourrit le bétail).
C’est compréhensible, puisque la GL permet au système de se traduire lui-même et donc de retrouver les sèmes dans une phrase.
J’utiliserai cependant le premier développement plus contestable mais partant de plus bas, et qui est peu à peu abandonné : on admettra un phénomène qui est le pré et on tronquera la variable pour en faire ce phénomène. Cela donne : (Ax)(Pré(x) = x)
Avouons-le, c’est autrement plus agréable à lire.

L’adjectif « vert » peut porter autant avant qu’après « pré » : Le vert pré vaut le pré vert. Je vais néanmoins pour la cause le définir en postposition et pour cela définir la postposition : (Ax)(après(x) = (Ay)(Az)(1y > 2z)).
Là encore, il s’agit d’une simplification sur la définition ordinale de Dedekind, la définition exacte, et bien plus longue, se fondant sur la définition cardinale et post-cantorienne, soit sur la théorie des types revue en termes de classe collective.
Je m’excuse d’avoir dû le préciser.
Nous aurons donc pour notre définition : (Ax)(Ay)(Vert[x](y) = (y et(Az)((après x(z)) et (x(y)))) soit le sème y de « vert » et le mot « x » sur lequel il porte, qui a un sème et auquel s’ajoute son propre sème.
Il faut noter que si nous avions eu deux adjectifs, l’un n’aurait pas pu porter sur l’autre, car le nom est défini comme (Ax)(Ay)(x(y)) alors que l’adjectif est défini comme (Ax)(Ay)(Az)(x[y](z)).
Il n’y a donc pas de confusion possible.

La même logique vaut pour « le », que voici : (Ax)(Le[x] = (Ay)(Az)(((avant x(y)) et y) ou (avant x[y](z)))).où la position étant donné – je n’ose pas dire « préposition » - le déterminant reçoit le sème qui est la catégorie du nombre et du genre, simplifié ici, et se positionne également face à l’adjectif auquel il est redirigé sur le nom.
C’est simple.

2. Au syntagme verbal

Je veux : « Le pré vert fleurit ce matin. »
Mon travail va être ici simplifié, en ce que je dispose déjà d’un syntagme nominal. Les positions de sujet et de complément seront donc facilement définies, en ce qu’il me suffira de les positionner seulement après avoir défini le verbe.
Je ferai observer qu’un syntagme étant défini par son noyau, dans le cas nominal du nom et dans le cas verbal de la flexion (d’où la dénomination de syntagme flexionnel), ce noyau devrait impliquer les structures annexes, alors que notre développement suggère au contraire que les annexes impliquent le noyau.
Résoudre cette question appelait la notion des « espaces libre » et je ne disposais simplement pas de parenthèses différentes en nombre suffisant pour l’expliquer.

Ici, la flexion sera oubliée, il serait trop long de définir seulement le présent, qui a douze définitions, et je ne veux pas plus introduire la notion pragmatique de S->W.
Le verbe se définira au plus simple comme une action d’un nom. Nous définirons l’action ainsi : (Ax)(action[x] = (Ay)(Az)(x(y) alors (non(x(y)) et x(z))) où l’état est une répétition de y à y.
Ceci demande une nuance.
Le « non(x) » de la définition est en fait un appauvrissement de la définition par l’absurde : cela signifie que tout sème est considéré comme une hypothèse et qu’aussitôt qu’elle amène à une contradiction (avec elle-même ou en elle-même, puisqu’un sème est un mot composé de sèmes qui peuvent se contredire) elle est niée.
L’écriture simplifiée peut aussi tromper et faire croire qu’on nie la variable x. Il aurait fallu introduire le « est » de la méréologie qui aurait demandé l’exposition de quatre axiomes, dont un de trois lignes.
Mon verbe, parce que j’étais en train de définir un verbe, sera donc : (Ax)(Fleurir(x) = (x = Action[Fleur])).

Il nous reste à déterminer les places du sujet et du complément, soit : (Ax)(Ay)(Az)(Sujet[xy](z) = ((avant Action[y]) et (exister(x(z))) et (y(z)))) ce qui signifie seulement que le verbe reçoit un sème du sujet, par exemple celui de personne.
Je n’ai donc qu’à dire : Sujet[Le pré vert fleurit] et faire de même avec le complément : Prédicat[fleurit ce matin.]
J’obtiens mon syntagme verbal, et ce qui pourrait être considéré comme une proposition minimale sujet-verbe-prédicat : « Le pré vert fleurit ce matin. »

3. À la proposition

Je résumerai ici très brièvement : une fois obtenu l’unité minimale de la proposition, nous tombons dans la logique qui la gère, à savoir la logique des propositions, dont les connecteurs dont par ailleurs parfaitement connus.
Il reste néanmoins des cas à régler comme « Parce que[xy] » …

(…)

4. Au texte

Tout comme j’ai pu définir « Sujet[xy](z) » et « Prédicat[xy](z) », et tout comme nous avons pu définir la conjonction de subordination « Qui[x] », je vais définir ici ce qui prend à l’enfant entre cinq et onze ans à développer : le fameux « cadre narratif ».

Désormais, je veux écrire : « Paul a écrit que le pré vert fleurit ce matin qui dure éternellement. »
Et peu importe que Paul ait une poétique au ras des champs.

Mon seul travail ici sera d’attribuer à Paul le rôle de locuteur, c’est-à-dire la charge de « le pré vert fleurit… » car je ne veux pas endosser ça pour lui.
L’idée est d’écrire « Paul a dit ça » ou « c’est le mot de Paul », en d’autres termes Paul{x(y)}(z). Avant de pouvoir l’écrire, il me faut définir cette nouvelle catégorie qui est celle de locuteur, et qui donnera : (Ax)(Ay)(Paul{x}(y) = Locuteur{x(z)}(y))
Il s’agit donc de définir la parenthèse {-} qui est une nouvelle catégorie de notre système. Ce sera chose faite avec : (Ax)(Ay)(Locuteur{x}(y) = ((Az)((z(y)) et (Ay2)(x(y2) = (z(y) = z(y2))))) qui se définit comme l’adoption du sème de x par z.
Il s’agit du huitième axiome – ou cinquième, selon que l’on conserve ou non le système fondamental.

Je peux donc attribuer le contenu à Paul et obtenir de là : P{Le((pré)vert)[[fleurit]]ce(matin)qui[[[dure]]éternellement]} que je pourrais dérouler au niveau supérieur : Paul[[a écrit]]que[le((pré)vert)…
L’application est fondamentalement simple : aussi longtemps que le mot est pris à charge, il évolue dans le cadre de cette prise en charge : aussitôt qu’il en est sorti, tous les sèmes liés à cette prise en charge, bien que conservés, seront éliminables en priorité dans une conversation qui ne concernera pas Paul.
À mesure que d’autres prennent ces mêmes sèmes en charge, soi-même par exemple, la fonction de prise en charge disparaît et le sème se fige. C’est le passage de la pragmatique à la sémantique.
Nous voyons aussi comment par cette prise en charge il est possible de passer d’un niveau à l’autre tout en les séparant autant qu’il en est besoin.

Conclusion

J’ai fait aussi court que possible.
Le système présenté ici n’est qu’une ébauche simplifiée en de nombreux points et qui ne serait pas recevable scientifiquement sans le travail complet. La présentation des résultats dans leur processus, c’est-à-dire étape par étape, représente plusieurs dizaines de milliers de pages.
C’est le résultat produit au final qui mérite tout notre intérêt, car les définitions fournies sont précises et si elles ne correspondent pas toujours aux notions que l’on connaît, elles offrent non seulement une grammaire de la phrase exacte, mais aussi une grammaire, régulée et non sociale, parfaitement fonctionnelle du discours, soit donc du langage.
En 20.., j’ai pu faire passer à la GL le test de Türing, sans succès mais avec un ordinateur capable de débattre de la politique actuelle et de mettre en défaut l’homme avec qui il parlait.
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Re: La science-fiction du langage

Message  cobeae le Sam 14 Mar 2009 - 1:49

Feurnard, Feurnard...une envie subite de mordre?

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Re: La science-fiction du langage

Message  Feurnard le Sam 14 Mar 2009 - 11:54

Si c'est le cas, alors je mords à chaque fois que j'écris.
À présent, par contre, oui, j'ai envie de mordre.
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